Craigellachie 31, sur un air de ukulélé

On n’a pas tous les jours l’occasion de boire des whiskies trentenaires. Notre quotidien, à l’instar d’Emile Louis, s’articule autour de jeunes malts puceaux qui nous apportent soulagement et réconfort mais ne nous font pas toujours monter au 7è ciel.

 Quand Bacardi nous envoie deux fioles de Craigellachie, un 23 et un 31 ans, c’est fête. On range le Clan Campbell et on se dit qu’on va passer un moment sympa d’autant que le 31 affiche fièrement son titre de « meilleur whisky du monde » acquis lors des derniers World Whiskies Award. On ne s’enflamme pas pour autant et on se rappelle que Jim Murray avait décerné un titre similaire au Northern Harvest Rye de Crown Royal #lol, ou que ces mêmes World Whiskies Award ont filé la médaille de meilleur single cask français à Brenne #turbolol. En gros ces titres honorifiques donnent l’occasion aux marques de rédiger de jolis communiqués de presse ornés de médaille en or mais n’aideront en rien le consommateur perdu dans le maquis du whisky.

Notre bienveillance légendaire nous a tout de même incité à préparer cette dégustation dans des conditions optimales. Glencairn, eau de source des montagnes ouzbeks, carnet de note Moleskine et stylo signé Jack Daniel’s. Le recueillement autour du whisky branlette à son paroxysme. Heureusement une paire de jumeaux vindicatifs âgés de 3 ans a décidé de nous offrir un récital de ukulélé. Armés de leurs petites guitares ils menaçaient de renverser notre précieux liquide à chaque instant. Fuck le whisky branlette, place à la boisson.

 

Craigellachie 31, sous le tropique du Speyside

Nez : A la première note de ukulélé on atterrit sous les tropiques, des fruits exotiques comme s’il en pleuvait, de l’ananas dans ta face. Le genre de délire qui t’envoie direct au paradis du malt. On retrouve en embuscade la symphonie des fruits à coques qui te rappelle que le jus a perdu sa virginité depuis belle lurette. S’ouvre ensuite sur les amandes fraiches avec un côté très végétal. Ce whisky est étonnamment frais pour son vieil âge.  On se dit que pour une fois les juges des World Whiskies Award ne se sont pas foutus de nous, ça envoie des mandales !

Bouche : Holy shit ! Un facial tsunami de fruits tropicaux nous saute à la gueule, on s’accroche à nos verres, hors de question qu’un joueur de ukulélé renverse ce whisky hors norme. Le récital se poursuit sans fausse note, des épices légères (poivre blanc) débarquent et on passe par tous les états, une grande douceur précède à une puissance bien maîtrisée. Le bois se fait discret, l’alcool est parfaitement intégré. Le genre de matos dont on se souviendra longtemps.

Finale : Alors que le plus vigoureux des joueurs de ukulélé menace de fracasser son frère à grands coups de guitare, il faut faire vite. On termine sur des fruits exotiques, du chocolat noir et des épices. On est bien

Note : AAA                          Prix : tu peux toujours courir

A noter que son petit frère, le 23 ans, est toujours disponible autour de 200 balles ici. S’il n’est pas au niveau de son illustre aîné, c’est tout de même un excellent whisky. Sur des notes de menthol pas mental et de chocolat olé olé, il fait figure de bon plan dans ces tarifs.

1 comment

  1. Bagavulin 21 novembre, 2017 at 13:37 Répondre

    Euh… la « blague » glauque sur Emile Louis en introduction, je trouve ça extrêmement mal placé et particulièrement choquant ! Merci de la retirer…

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