Ailsa Bay (48.9%, OB 2015): Lowlander Sauce Nipponne!

Ailsa Bay 1

 

Ailsa Bay, la nouvelle méga usine a blends de William Grant (Glenfiddich, Balvenie), a été construite en 2007 sur le site de la distillerie Girvan dans le Ayrshire (Ouest des Lowlands). Non contente d'être située à une encablure de Turnberry, l'un des plus célèbres parcours de golf du monde aujourd'hui sous la coupe du crypto-mongolien Donald Trump, Ailsa Bay est la seule distillerie de malt écossaise construite en complément d'une distillerie de grain. Faisant fi de la tradition écossaise selon laquelle une distillerie tend à produire un seul type de malt, Ailsa Bay a été conçue pour cracher différents styles dans le but de pourvoir en munitions les master-blenders maison.

 

C'est le whisky tourbé produit à Ailsa Bay qui sert d'élément de base au single malt éponyme. La premiere mouture a été commercialisée en 2015 en Scandinavie puis début 2016 au Royaume Uni (#RIP) en petites quantités (6300 bouteilles). Si ce nouveau single malt est sans mention d'age, l'étiquette n'en porte pas moins des mentions intéressantes: des mesures de fumée (21 PPM mesurés après distillation) et de sucre (11 SPPM - Sweet Parts Per Million) originales qui ont été mises au point par le master distiller du cru, Brian "Jurgen" Kinsman.

 

Une fois n'est pas coutume, les méthodes singulières des master-blenders japonais, consistant à marier plusieurs types de distillats avant maturation, ont été reprises par Kinsman afin de créer ce Lowlander d'un nouveau type. A la manière d'un Miyagikyo ou d'un Hakushu, le travail en amont de l'assembleur permet de créer des single-malts différents provenant d'une meme distillerie. En ce qui concerne les futs, le jus qui compose cet Ailsa Bay a d'abord mariné dans des Baby Barrels provenant de Hudson distillery au nord de New York (qui appartient aussi a William Grant), avant d'être transféré dans des futs vierges et d'autres ayant contenu du bourbon. Si le travail sur le distillat est assez novateur dans le contexte écossais, celui sur les futs est plus classique, et a sans doute pour but de masquer la jeunesse de ce nouveau whisky...

 

Voyons ce que donne ce Lowlander à la sauce Nipponne.

 

Œil: Doré léger

 

Nez: Délicat au premier abord, un mélange de tourbe légère, de miel, de fleurs des champs, un fond de harengs fumés et de pêches de vigne. Un coté tabac blond et copeaux de bois, épluchures de crayon a papier et steel cut oats pour les céréales, rappelle un peu les single malts de Chichibu, ce qui est plutôt un compliment. Sur la fin développe des impressions de vin blanc liquoreux. Un poil de menthol aussi. Plutôt pas mal!

 

Bouche: Pique un peu plus en bouche d'entrée, branché à fond sur une amertume un poil déplaisante. On sent ce duo sapin-mine de crayon qui vient évidemment des futs de chêne vierge et qui a du mal à cacher la jeunesse du matos. Le coté terreux et chocolaté qui vient ensuite évoque un Octomore suivi d'impressions salées et minérales, ont pourrait refaire le coup des notes maritimes mais on sait bien que l'air du Ayrshire n'y est pas pour grand chose...

 

Finale: Relativement longue et avec un style vaguement campagnard: sous bois et girolles, beret en tweed,   veste Barbour et pastilles mentholées dans la poche.

 

Pour un premier jet ce n'est vraiment pas mal. Un jeune whisky NAS qui a une identité propre et affirmée, c'est assez difficile à trouver de nos jours. Les types de Ailsa Bay ont fait du beau boulot. Une distillerie a surveiller meme si elle risque de produire du single malt en quantités limitées. Par contre il faudrait arrêter le délire moisi des bouteilles de 50cl à prix pas vraiment cadeau...  

 

Pour rester dans le meme délire, la semaine prochaine on goute les nouveaux NAS Miyagikyo et Yoichi.

 

Note: BBB+ (Shinji Okazaki)

 

Prix: 70 euros disponible au Royaume-Uni notamment chez Whisky Exchange.

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