Glenrothes 1990 24 ans (55.7%, Cadenhead Small Batch 2015): Grosse Patate!

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L'embouteilleur indépendant Cadenhead est un filou qui nous réserve souvent de bonnes surprises et a l'art de piocher des futs exceptionnels dans ses larges stocks. On parlait récemment du magnifique Highland Park 25 ans qui était sorti il y a deux ans et il semble que compagnie soeur de Springbank ait décidé de remettre le couvert avec ce Glenrothes 1990 24 ans Cadenhead au teint plus que foncé. 

Olivier, du Blog Wallon sur le Single Malt, qui semble ne jamais être le dernier lorsqu'il s'agit de dégotter de bonnes bouteilles chez les indépendants, nous a mis la puce a l'oreille avec une note de dégustation élogieuse. Nous avons donc pris acte et promptement commandé une bouteille dans une échoppe néerlandaise qui n'avait alors miraculeusement pas été dévalisée. En ces temps de disette et de whiskies sans mention d'age finis au pipi, un small batch de cet age la entièrement élevé en fut de sherry est une véritable aubaine meme pour ceux qui, comme moi, ne portent pas forcément Glenrothes dans leur coeur...

 

Œil : Ebène

 

Nez : Un gros nez de sherry en patate comme on n’en voit plus : Belmondo, l’acteur pas le pilote. Part au quart de tour avec de belles notes anisées et des fruits tellement murs qu’on arrive plus vraiment à les distinguer, même si ca donne plutôt dans le pruneau et le tropical(ia), le Gilberto Gil du Speyside. On a ensuite droit à toute la panoplie : café, moka (même si on se sait pas vraiment ce que c’est), caramel brulé qui est presque dans un registre de rhum Demerara, boiseries en tout genre avec une impression de laque ou d’essence de térébenthine. Un jus qui pour paraphraser ce cher Jean-Paul (paix a son âme) nous donne envie de dire :

 

« Si vous n’aimez pas le sherry, si vous n’aimez pas le Speyside, si vous n’aimez pas Cadenhead : allez vous faire foutre ! »

 

Bouche : Grosse attaque avec moult caramel et épices. C’est sucré et un brin amer, gluant, le whisky colle à la bouche comme du goudron bien frais et rappelle le gout du bitume chaud (je dois avouer n’en avoir jamais mangé). Donc, un jus qui a du corps, mais qui est aussi très parfumé, avec du tabac, du sucre vanillé, du poivre et peut être un peu de saucisson sec. L’adjonction d’eau met en avant le coté caramélisé du matos et renvoie sur les notes de goudron.

 

Finale : Longue, minérale (mine de crayon), mais toujours sur des notes de caramel brulé amer.

 

Comme "A Bout de Souffle," un futur classique du genre! 

 

Note : AA- (Michel Poiccard)

 

Prix : 150 euros (Aristocratie de Province)

 

Petit plaisir cinématographique pour finir:

 

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