Highland Park 30 ans (48.1%, OB 2014): Dirty Harry!

Highland Park 30

Pour le commun des mortels, ceux qui comme nous n’auront jamais de quoi s’offrir une bouteille des expressions 40 ans (2 000 euros) ou 50 ans (15 000 euros), le Highland Park 30 ans est le nec plus ultra de la distillerie d’Orkney. Il faut bien l'avouer, le problème avec ces whiskies n'a jamais été le jus, que l'on n'a aucun mal à imaginer excellent, mais plutôt le prix qui a doublé en quelques années (de 280 a 600 euros). On en profitera au passage pour ne pas remercier Edrington pour cette augmentation des tarifs pleine d'opportunisme, un positionnement toutefois logique de la part de la maison mere de l'impayable Macallan

 

Ce que l'on se demande dès lors, en ces temps de frénésie Ardbeg, c'est si ce Highland Park désirable au plus haut point vaut vraiment la bagatelle de six bouteilles du tout frais Ardbeg Perpetuum? C'est la rengaine perpétuelle de l'unique bastos de gros calibre face au barillet rempli de munitions moindres. On en vient donc tout naturellement à penser a notre vieux pote Harry Callahan et sa merveilleuse réplique à la fin de Dirty Harry:  

 

« Ah Ah, I know what you're thinking. 'Did he fire six shots or only five?' Well, to tell you the truth, in all this excitement I've kinda lost track myself. But being this is a .44 Magnum, the most powerful handgun in the world, and would blow your head clean off, you've got to ask yourself one question: 'Do I feel lucky?' Well, do ya, punk? »

 

Le mieux pour répondre à l'épineuse question est encore de gouter...

 

Œil : Cuivré léger

 

Nez : Plein de maturité. Bois humide et tourbe légère magnifiquement intégrée qui, avec l’âge, a pris un tour végétal. Mélange étonnant de fruits ultra murs (pommes, poires, prunes, et mures) et de senteurs jeunes et exotiques (papaye, mangue, fruit de la passion) mais il y a aussi des agrumes : pate de coings et oranges confites. On trouve ensuite les belles choses que l’on aime chez les vieux whiskies : tabac blond, cuir qui a vécu façon souk de Marrakech, miel et épices qui soulignent l’influence prédominante des futs de sherry.

 

Bouche : La consistance est moins sirupeuse que ce a quoi on aurait pu s’attendre. Les fruits murs et les épices sont les premiers a la fête : poivres, piments et clou de girofle. Il y a ensuite pas mal de sel et d’iode, le profil costal d’Highland Park est la. Tout un tas de chose arrivent ensuite : citronnelle, miel, confiture de lait, orangettes, et cerises confites. Chocolat noir très pur qui souligne une certaine amertume. Il en a clairement sous le capot…

 

Finale : Le calme après la tempête. Devient plus minéral et sucré, comme du sirop de miel aux piments. Elégant.

 

Un whisky pas forcément facile d’accès. Enorme caractère et formidable complexité. Difficile de faire mieux dans le genre. On va donc sagement se ranger du coté de dirty harry, mettre quelques sous de coté tous les mois et s'offrir une bouteille de gros calibre lorsque la tirelire sera pleine. RIP Punk!

 

Note : AA+ (Dirty Harry)

 

Prix : 600 euros (Aristocratie Financiere)

 

En prime la vidéo de la scène (le punk a la gueule d'un mec qui a bu 2 ou 3 Perpetuum de trop...):

 

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