Le Johnnie Walker, comment ça marche ?

Plus gros producteur de whisky de la Terre, Johnnie Walker est une marque incontournable dans le monde des spiritueux, immédiatement reconnaissable à ses bouteilles carrées et barrées de l’étiquette en travers – selon un angle de 43 degrés –, elle-même flanquée de son logo immuable.

Si aujourd’hui l’entreprise est tombée dans l’escarcelle de Diageo, elle fut à l’origine une affaire familiale. Tous les habitants de Kilmarnock connaissent l’aventure de cet épicier visionnaire, un certain John Walker. Pas la peine de revenir donc sur la saga familiale, les communicants de Diageo le font très bien – avec le charismatique Robert Carlyle en prime ! Il s’agit plutôt ici, de réfléchir, en goûtant tous les whiskies – ou presque – de la marque – à la qualité de ces blend mondialement célèbres. Au boulot donc !

 

 

I/ Réviser les classiques : Le Rouge et Le Noir

Comme le roman de Stendhal, c’est un peu une Chronique du XIX°siècle car le Johnnie Walker Red Label est l’emblème historique de la marque. On le trouve partout et il bénéficie d’une côte de popularité indéniable dans les milieux interlopes des capitales de ce que jadis nous nommions Tiers Monde. On se sait pas si Laurent Fabius, quand il est en déplacement, pour montrer son courage, offre sa tournée de Johnnie rouge dans les boites de nuit de Gao mais c’est un rituel fort commun pour celui qui veut montrer qu’il a de l’argent et du goût. Alors ?

1305259312390

Johnnie Walker Red Label et Johnnie Walker Black Label, les deux fleurons de la marque

Le nez est surprenant, très vif, agrumes et gingembre. Zest de citron. Très frais avec une note surprise de fumée (légère). C’est engageant. On y va. La bouche est très légère (trop ?), les arômes sentis plus tôt se diluent dans un excès d’eau. Mais le résultat est là, ça glisse. Pour l’usage qu’on devine, c’est pas mal. On sent un peu de bois, un léger goût de yaourt au citron. La finale est assez insignifiante et pour tout dire inexistante. En même temps, une bouteille en France coûte entre 15 et 19 euros…

Bilan : B (Benoit Hamon) Prix : Lumpen Proletariat

Le Johnnie Walker Black Label est un assemblage de whiskies de 12 ans et la marque communique sur le côté chic de cette version. Le blend travaillé mais accessible. Voyons voir ça. Le Nez est d’entrée plus complexe. Avec des notes herbacées. Des fruits mûrs (poires), des notes de fruits rouges aussi (cerise). L’ensemble est beaucoup plus sucré, plus boisé. On retrouve le même caractère, en plus vieux. Ce qui se confirme dans la bouche mais encore une fois l’attaque est faible et aqueuse. Les promesses ne sont pas tenues, c’est certes rond et chaud mais un peu faible. La finale ? …on la cherche encore.

Bilan : B+ (Arnaud Montebourg) Prix : subprimes, cher pour ce que c’est (31 euros)

Si le Rouge reste une valeur sûre pour se cuiter aux quatre coins du monde, le Black ne vaut pas le détour. Optez donc pour l’emblème de la marque, qui, comme une frite du McDo dans un pays dont vous ne supportez plus la gastronomie vous apportera le réconfort de tous les bons produits mondialisés.

 

II/ Qui c’est le meilleur ? C’est le vert !

Contrairement à ce qu’on chante encore dans les travées de Geoffroy Guichard après un but de Mevlüt Erding, ici, le meilleur c’est peut-être vraiment le Vert.

Le Johnnie Walker Green Label est un assemblage de 15 ans, uniquement constitué à partir de single malt. Malheureusement, sa production a été interrompue et il est aujourd’hui difficile de s’en procurer une bouteille dans les circuits classiques.

 

jw_green_label

Johnnie Walker 15 ans Green Label, notre préféré !

 

Le nez est marqué par une amertume beaucoup plus forte. Très minérale. Une ambiance de vieux livres, caves à Roquefort et de cale de bateau. C’est complexe et engageant. Bois, cire et toujours cette petite fumée. Cette fois, en bouche, y a du monde. Des notes tropicales, mangue, plus de fumée. Le whisky est beaucoup plus présent, tout en restant très facile. La finale est certes courte mais présente un peu plus de corps que ses petits frères.

Bilan : BBB (Najat Vallaud-Belkacem) Prix : Classe moyenne (Autour de 40 euros, si vous en trouvez)

 

III/ Gold Label et Platinium : Tout ce qui brille n’est pas d’or(ge)…

Avec les deux expressions labellisées luxe, Johnnie Walker cherche à séduire « une clientèle exigeante », ce qui en langage de communication veut dire « riche et peu cultivé ». Ce sont donc deux expressions plus chères qui boxent dans la catégories des blend premium. Alors ? Ca vaut le coup (coût) ?

 

Johnnie-Walker-Platinum-Gol

Johnnie Walker Gold Reserve et Johnnie Walker 18 ans Platinium, une gamme un peu bling

 

Johnnie Walker Gold Label est un blend élaboré autour du single malt Clynelish – ce qui constitue une bonne raison de goûter. Le nez est marqué par le sherry, le bois, les fruits mûrs, un faux air de Cardhu (en plus fin). Crème anglaise. La bouche est d’un spectre plus large que ses petits frères. Des arômes de pommes, cire, banane. Riche et ronde. La finale est tournée vers des arômes doux de cookies, de banane très mûre et de fumée de bois.

Bilan : BB+ (Aurélie Filippetti) Prix : Agent immobilier ( environ 50 euros)

Le Johnnie Walker 18 ans Platinium Label présente un nez qui rappelle le Vert. On est contents ! Roquefort, bois et Sauvignon. En bouche, il s’avère très rond et sucré, gâteau, vanille, céréales. Rond et chaud. On est très proche du Gold. Un air de digestif. La finale est concentrée sur cette richesse, très ronde et mûre. Parfait avant de dormir.

Bilan : BB+ (Frédéric Cuvillier) Prix : Bourgeoisie (environ 80 euros)

En conclusion

Cette marque emblématique présente pléthore d’expressions afin de toucher le public le plus large possible – même le luxe international ostentatoire avec la version Blue que nous avions testée jadis.

Comme il arrive souvent avec ces grandes marques, le plus intéressant reste le produit de base qui a un jour lancé l’aventure. Ainsi, boire du Red Label dans un bar moite d’Addis Abeba ou dans un bordel de campagne en Ruthénie subcarpatique (sic), est une expérience qui se révèlera toujours agréable. Le Vert est un blend de qualité qui ravira les amateurs mais aussi les contempteurs de l’assemblage. Après, pour les blends de luxe, il me semble que la réponse est dans le caractère antithétique des deux propositions. Il vaut mieux faire autre chose. Quoi ? je ne sais pas, mais autre chose ça c’est sûr.

 

 

 

5 comments

  1. Daniel 21 février, 2017 at 17:04 Répondre

    Franchement je le trouve très moyen moi le Johnnie Walker Black.
    Pour 30€, il y a bien mieux je trouve. Ce n’est pas mauvais mais ça fait bas de gamme une fois en bouche. J’ai acheté la bouteille avec les 2 verres (édition spéciale de noel 2016 je crois) qui sont très beaux mais sinon je ne me régale pas.

    • whiskyleaks 26 février, 2017 at 16:30 Répondre

      C’est sur que c’est pas le whisky de l’année et en effet à 30 balles on doit pouvoir trouver mieux. Cela dit il est déjà bien au dessus du red label mais le meilleur c’est le vert !

  2. HERMONVILLE 16 novembre, 2017 at 19:33 Répondre

    Complètement d’accord , le meilleur rapport qualité prix semble être le green label .
    petit soucis , commande sur le net obligatoire , avec frais de transport carrément décalés (50% du prix de vente !!!)
    du coup on oublie le vert , et on se rabat sur du différent , même gamme de prix , mais accessible sur des zones commerciales à grand débit . Dommage .

Leave a reply