Jura 16 ans (40%, OB +/- 2012): Le Single Malt de Big Brother (ou presque)!

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 L’Ile de Jura, qui se trouve de l’autre coté du détroit d’Islay (Caol Ila en gaelique), est l’une des moins peuplées du Royaume Uni. C’est au milieu de cette nature sauvage et désertique, dans une propriété de Barnhill où l’on ne côtoie guère que des cerfs et des moutons, que George Orwell a passé les dernières années de sa vie et rédigé la majeure partie de son roman culte, 1984.

Pour les rigolos qui ont attendu l’affaire Snowden pour acheter un livre du grand George et tous ceux qui connaissent par cœur le rayon gnole de leur supermarché, Jura est surtout synonyme de whisky. La distillerie, qui se trouve sur la cote sud-est de l’ile est l’une des plus difficiles d’accès puisqu’il faut d’abord se rendre à Port-Askaig (Islay) en ferry pour traverser le détroit. Un beau bordel qui n’a pas empêché la distillerie, propriété du groupe indien United Spirits, de connaître une progression phénoménale de ses ventes. Jura est aujourd’hui le troisième single malt le plus vendu au Royaume-Uni derrière Glenfiddich et Glenmorangie et l’un des dix single-malts les plus vendus au monde. Cela est moins du à la qualité de son whisky, qu’à une politique commerciale ultra agressive symbolisée par de nouvelles bouteilles au design aguicheur et des noms de whisky à la con a ne plus savoir qu’en faire : Origin (10 ans), Superstition (13% tourbé et assemblage de futs de 13 a 21 ans !), Elixir (12 ans). Comme d’autres avant lui (Macallan, Ardbeg, Glenmorangie), le whisky de Jura est au moins autant le produit d’une distillerie que celui d’équipes de marketing, ce qu’on ne peut que déplorer. Nous testons aujourd’hui l’expression 16 ans.

Couleur : Doré

Nez : Malté, peau de raisin, tabac blond assez prononcé, raisins de Corinthe et dattes. On est vraiment sur un registre de fruits secs. Peut être un peu de noix de pécan. Il y a un soupçon de lait en poudre, bizarre…

Bouche : Plutôt épicée, tabac encore, un peu de caramel au beurre salé vite recouvert par une amertume très nette. Oranges, amères et yuzu, mais ce n’est pas vraiment mur… Manque de complexité criant, tout ca n’est vraiment pas génial et bien trop amer.

Finale : Pas grand chose à dire de ce coté là, c’est encore une fois bien faible, peut être des pêches en toute fin ? Comme une légère impression de s’être fait entuber…

Dans l’univers dystopique inventé par Orwell pour 1984, Winston Smith (le héros) fait partie de la classe des petits fonctionnaires (outer party) prise en sandwich entre une élite ultra-privilégiée (inner party) et un lumpen-prolétariat misérable (proles). Il y a fort à parier que le whisky bu par Smith et ses pairs, sans doute de bien piètre qualité mais poussé par la machine marketing du Ministry of Plenty, aurait ressemblé a s’y méprendre à ce Jura 16 ans plutôt insipide. Big Brother approuve en sirotant un verre de Port Ellen…

Note : BB (Winston Smith)

Prix : 60 euros (Upper-Outer Party)

B.M

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