Compass Box Flaming Heart (48.9%, OB 2015): Le Jus de la Discorde!

 

 

Flaming Heart

 

Avant de devenir le jus de la discorde, ce Compass Box Flaming Heart avait été assemblé par John Glaser comme un whisky de fête, pour célébrer le quinzième anniversaire de sa très populaire boite à blends. Par un souci de transparence auquel nous nous associons sans réserve, Compass Box avait décidé d'afficher la recette de son matos sur l'emballage: 

 

  • 38.5% de Caol Ila 14 ans
  • 27.1% de Caol Ila 30 ans
  • 24.1% de Clynelish 20 ans
  • 10.3% d'un assemblage de Clynelish, Teaninich, Dailuaine 7 ans fini pendant au moins deux ans dans des futs de chêne français. 

 

Il faut avouer que sur le papier la recette est plutôt séduisante, mais la bonne volonté de Compass Box s'est rapidement heurtée à une règle idiote de l'Union Européenne stipulant que seul le jus le plus jeune composant l'assemblage peut être mentionné sur l'emballage. La Scotch Whisky Association ayant été saisie par l'un de ses membres (sans doute inspiré par Jacques Glassman) Compass Box a du retirer la composition exacte de ses emballages. Si, comme nous, vous trouvez cela odieux, vous pouvez signer la pétition qui a récemment tourné sur internet.

 

JacquesGlassman

Le Judas Alsacien

 

Nonobstant l'embrouille, le whisky a été plébiscité comme l'un des meilleurs blends apparus ces dernières années. Ce qui ne nous étonne pas lorsque l'on connait la qualité des assemblages de John Glaser et que l'on jette un oeil à la liste des whiskies qui composent ce Flaming Heart de gala. Il y a peu nous avions gouté, et beaucoup aimé le Lost Blend composé de whiskies semblables mais plus jeunes. Voyons ce que donne ce coeur ardent!

 

Oeil: Doré 

 

Nez: Un beau nez de vieil Islay bourbonné mâtiné de "coastal islands": la beauté de l'assemblage qui met en avant les caractéristiques des whiskies qui le composent. Quelque chose de canin dans cette capacité a se lécher l'anus... La tourbe est légère et le bonbon acidulé, le citron à la limite du paic, le pétrole et les huiles biens présents, et le caramel mou et industriel. Cela vire assez rapidement vers un duel entre notes florales et viandées arbitré par de l'iode et de la vanille. Un fusil à deux coups. Olives noires, cire et poussière. Devient plus terreux et minéral après 10-15mn dans le verre. Légèrement schizoïde mais superbement complexe.

 

Bouche: Consistance assez sirupeuse. Démarre sur des notes de chocolat noir amer qui aurait trempé dans de la cire d'abeilles. Bouge vite vers les fruits du verger (pêches, citron...) et les notes florales (rhododendrons). La cire et la minéralité typique de Clynelish sont au rendez-vous et combinent merveilleusement bien avec les hydrocarbures de Coal Ila, une-deux dans la surface de réparation adverse, qui débouche sur un florilège de notes marines: sel, iode, algues, et pétrole de la mer du Nord. 

 

Finale: Longue et minérale. Virile comme un chalutier espagnol au large de la Nouvelle Ecosse. 

 

Note: AA (Jacques Glassman)

 

Prix: environ 150 euros (Bourgeoisie Industrielle)

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