Compass Box The Lost Blend (46%, OB 2014): Le Whisky Pastiche!

Compass Box - Lost Blend

Depuis quelques années Compass Box, la compagnie du Master Blender John Glaser, s'est imposée comme la référence en matière de blends haut de gamme auprès des amateurs chevronnés. The Lost Blend, que nous goutons aujourd'hui est composé d'un mélange de Clynelish et de Caol Ila ainsi qu'un soupçon d'Alt-a-Bhainne, distillerie méconnue de l'écurie Pernod Ricard qui joue un role important dans l'élaboration du Chivas Regal. Si l'on en croit le bien informé Blog Wallon sur le Single Malt, The Lost Blend "est composé de 22% de Caol Ila de 11 à 15 ans d’âge, de 70% de Clynelish de 17 à 24 ans d’âge, et de 8% d’Allt-a-Bhainne de 20 ans d’âge." Un mélange ma foi bien attrayant!

 

Le nom (inspiré) de ce whisky sorti en 2014 vient de l'Eleuthera, le premier blend commercialisé par Compass Box en 2001 mais dont la production avait cessé en 2004 lorsque qu'il était devenu impossible à Glaser et son équipe de se procurer l'un des éléments essentiels à son élaboration. C'est ce blend perdu que Compass Box a essayé de recréer en utilisant des composants légèrement différents. La recette du premier était composée de "whisky âgé de 15 ans du village de Brora" (qui aurait très bien pu s'avérer être du Clynelish plutôt que du Brora...) et de whisky de 12 ans du village de Port Askaig (sans doute du Caol Ila...). Comme nous n'avons pas eu la chance de gouter l'original, on ne pourra pas vous dire si la manoeuvre a réussi, mais l'intention est louable... Le packaging, comme souvent avec Compass Box, est très réussi, et représente des objets d'une autre époque: phonographe, titanic, chapeau melon, Leica M3; une façon sans doute de signifier que l'on peut imiter le passé afin d'en extraire l'essence sans jamais pour autant parvenir à le recréer. Dans le monde de l'art cela s'appelle un pastiche!

 

Œil: Doré

 

Nez : D’une grande délicatesse. Envoie sur des notes fruitées de pommes fuji et d’abricots, des fleurs des champs, du chèvrefeuille et de la camomille. Il y aussi du miel et de la cire d’abeilles, le tout recouvert d’une couche de poivre blanc qui donne à l’ensemble un coté épicé. La tourbe est présente en filigrane, extrêmement bien intégrée, et comme embaumée dans la cire et l’aspect minéral typiques de Clynelish. Le whisky idéal pour boire en regardant un bon film.

 

Bouche : Attaque beaucoup plus franche qu’au nez. La tourbe du Caol Ila est présente d’emblée (comme un Johnnie Walker Black sous stéroïdes) et clashe avec la cire et la minéralité du Clynelish. Cela donne une certaine amertume qui n’est pas sans rappeller la gentiane et autres racines du genre, le retour du rhizome (#milleplateaux). Agrumes et fruits du verger. Brule un peu la langue, ce qui est assez surprenant à 46%, puis énorme minéralité qui, associée à de l’iode et des algues, donne l’impression de sucer des galets. Quelque part entre Jersey shore et le Rivage des Syrtes.

 

Finale : Longue et toujours sur l’amertume, la minéralité et la gentiane.

 

Un bien beau blend, plutôt pour amateurs de whiskies au nez parfumé et à la bouche minérale, ce qui est mon cas. Met la misère à beaucoup de single-malts dans la meme gamme de prix. Parfait pour le chill et plutôt une bonne affaire par les temps qui courent... (12018 bouteilles).

 

Note : A+ (J.J Gittes)

 

Prix : Entre 80 et 100 euros (Bourgeoisie Victorienne)

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