Le journalisme d'Hunter S. Thompson.

Impossible de résumer le génie d'Hunter Thompson. Par contre on peut faire comme lui et se saouler au Chivas Regal pour tenter de comprendre pourquoi ce blend est le "whisky de luxe" le plus vendu au monde.

Quand il se rend à Honolulu pour couvrir le célèbre Marathon d'Hawaï, Hunter Thompson commence par boire des cocktails en se renseignant sur les modalités pratiques de ce sport dont il ignore tout et déteste la philosophie. Regardons donc un peu du côté de l'histoire de ce célèbre assemblage.

La légende dit que les frères Chivas – James et John de leurs prénoms – étaient épiciers à Aberdeen et qu'ils eurent un jour l'idée de mélanger des whiskies afin de satisfaire des clients exigeants qui réclamaient un alcool plus rond et doux. Cela ressemble un peu à la tarte des soeurs Tatin mais le mélange était tellement bon que la Reine elle-même en réclama pour tromper la tristesse de  son veuvage.

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La distillerie Strathislas est l'une des plus charmantes du Speyside.

Aujourd'hui propriété de Pernod-Ricard, ce fleuron de la culture britannique a installé ses bureaux dans la magnifique distillerie Strathisla, joyau du Speyside. Le choix n'a pas été dicté par le simple attrait des lieux mais surtout parce que le single malt de cette auguste distillerie est le principal composant de l'assemblage légendaire de la marque. Élaboré aujourd'hui par le maître-assembleur Colin Jones, le Chivas est composé de plusieurs single malt principalement originaires de la vallée de la Spey – mais on trouve aussi dans les warehouse des tonneaux en provenance d'Islay. Ce blend joue un rôle très important dans la région car les distilleries peuvent produire des single malt en marge de leur travail pour Chivas Regal. Le groupe Chivas relance même des distilleries en sommeil. C'est un peu comme les recettes des films de Luc Besson qui servent à financer le cinéma d'auteur. Mais la comparaison s'arrête là car ce whisky, pour populaire qu'il soit, est largement meilleur qu'un film avec Jean Réno.

Même à l'oeil, c'est mieux. La couleur est très douce, évoquant un coucher de soleil sur les pelouses du Château de Balmoral. Le whisky semble épais et doux. Du Miel ?

Le nez est assez quelconque mais agréable. Grande douceur – trop peut-être.

Après, bonne surprise. C'est doux. Un peu fruité, beaucoup de rondeur. On a envie d'un cigare et d'un canapé Chesterfield – comme ceux des salons de la distillerie de Strathislas.

La finale est assez courte mais ce n'est pas très grave car c'est un whisky parfait pour en boire beaucoup. Quand le goût s'estompe, il faut y retourner.

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Métonymie du Chivas Regal

Alors ?

Et bien, populaire ne veut pas dire populiste et ce whisky dont quarante millions de litres coulent chaque année dans les gosiers du monde, est un alcool largement acceptable quand on sait à quoi s'attendre.

Note : B (Frank Ribéry).

Prix : Prolétariat Péri-urbain post-industriel

On peut finir en rappelant avec Hunter Thompson que le marathon, comme la vie, est une course où la majorité part pour perdre, autant alors profiter des plaisirs qui s'offrent à nous quand circule une bouteille de Chivas Regal.

D.N.

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