Reportage: Deux bloggers au Whisky Live.

Parés de leurs plus beaux atours, deux représentants de l'équipe whiskyleaks entrent dans l'arène. Devant eux la lutte s'annonce. Ils doivent se frayer un chemin à coup de mondanités et de coups de genoux dans les grelots afin de rejoindre le stand qu'ils convoitent. Nos deux sujets s'orientent d'abord vers les raretés. Telles des pies ou des lycéennes d'Henri IV, ils aiment ce qui brillent.
Ils se rappellent leur promesse: "cette année je crache !" Mais devant un Kariuzawa 31 ans toutes ses belles résolutions s'envolent.

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Quand les sujets conquièrent une place devant un stand, ils n'en décollent qu'après avoir ingurgité tout ce que le maître des lieux propose: 12 ans, 15 ans, 21 ans, 87 ans, cask strengh, force rouge (fût de sherry), force jaune (fût de sauternes) force bleue (fût de curaçao).
Dix stands et soixante whiskies plus tard, les spécimens sont aussi doués pour discerner des saveurs que le CERN l'est pour trouver le boson de Higgs. Le trou noir quoi.
Ils prennent donc la sage décision de se rendre à l'étage des autres spiritueux. L'un d'eux nous confie:
" le fumé, le tourbé, le cuir, le fruit sec c'est beyrouth dans ma bouche mais je sens qu'il reste une place pour la genièvre, la patate, l'agave, la canne à sucre et le reste, t'as vu."

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Apres une pause cigarette au milieu de la populace à la jovialité suspecte, nos deux compères  d'excellente humeur et ayant le sentiment du devoir accompli, attaquent le sanctuaire des spiritueux négligés par les accros du malt. A la vue de ce territoire aussi vierge que prometteur, les regards déjà bien brillants, s'illuminent.
-Tiens ? De la liqueur Domaine de Canton, viens on va tester. C'est au gingembre ça non?
-Mange tes morts  paysans. Moi je vais voir la belle blonde de chez Chase. Lâche moi avec tes problèmes de bambou.
Ils boivent, ils discutent beaucoup, ils s'instruisent, se meuvent tant bien que mal de saveur en saveur. Le rire est plus gras, la paupière lourde, la dignité et la curiosité intacte. Le marathon s'achève dans le coin des cognacs où les prix s'envolent:

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-C'est combien votre sirop là ?
-585€ monseigneur.
-Ce jus de pieds??????
-Aargh! Pardon majesté. Votre venue ne nous avais pas été annoncée. Nous allons redoubler d'efforts, renier femme et enfants pour ne plus être détourné de notre quête.
-Mouais. Va pour cette fois. Déjà que j'aime pas le cognac.

Quand le gong final retentit c'est vers l'eau que leur dévolu se jette. Plusieurs litres engloutis pendant l'après midi leur épargneront une gueule de bois de tous les diables.

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Le soleil a déjà plié les gaules quand après presque six heures de gnôle, nos deux guignols se fondent dans la nuit le sourire aux lèvres:
"Bon, on va se mettre la petite soeur?"

 

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