Bilan du Rhum Fest 2014.

Dimanche dernier, le 6 avril, nous sommes partis en goguette au parc floral de Vincennes pour assister sous une serre à l'édition du Rhum Fest, le pendant canne à sucre du whisky live. Une atmosphère tropicale était de mise sous les verrières.

rhumfest

Pour la somme honnête de 25€, les organisateurs vous proposaient de gouter à tous les rhums des 74 exposants et vous offraient en prime un cocktail de votre choix au tiki-bar, à base de rhum bien entendu.

A part la dégaine antillaise du personnel d'accueil, c'est la foule qui saute aux yeux! Le buveur de rhum ne s'est pas abstenu en ce dimanche printanier. La preuve qu'un verre de rhum offert après le passage dans l'isoloir éradiquerait l'abstention.

Avouons tout de suite que nous sommes entrés gracieusement et que nous nous vîmes attribués un badge presse pour montrer à toute la populace enivrée que nous n'étions pas n'importe qui. L'orgueil flatté, nous déchantâmes derechef: pas de verres.... En effet les organisateurs se sont faits avoir comme des bleus et ont vu leurs réserves de godets se faire torpiller. On ne se plaint pas trop mais en pensant au quidam qui a traversé Paris et raqué 25 balles en s’attendant à la cuite de l’année pour finalement boire du rhum dans le creux de sa main, on s'autorise à penser que la situation est un peu "just". Le tiki-bar étant d'ailleurs quasiment inaccessible du fait de la queue sans fin qui serpentait dans la salle, pas moyen de se consoler avec le cocktail offert, malgré les efforts des trois barmans présents. Il va sans dire que l'entrée dans ces conditions, manque cruellement de glamour. Un point à améliorer pour l'année prochaine.

L'événement est pourtant remarquable pour son ambiance. Le public est incomparablement plus hétérogène que lors du whisky live : des vieux, des jeunes (on a même vu des poussettes), des bobos, des rastas, des lascars, des hipsters et surtout des femmes! De tout, vous dis-je. Ces rhumfesteurs sont indéniablement avertis, il suffit de voir avec un certain amusement le stand Bacardi étonnamment vide.

 

P1190980 2

 

Je ne vous le cacherai pas, il y avait un paquet de types complètement farcis, la paupière lourde, l’haleine chargée et le teint rose porc. Bref, après que Jonas soit apparu avec deux verres sales que nous nous empressâmes de rincer aux toilettes, la bataille put enfin commencer.

Que les choses soient claires, mes connaissances en rhum sont des plus limitées. Un gros noob au pays des geeks. Mon badge magique laissa cependant croire le contraire ce qui nous permit de recevoir des informations fort intéressantes et fournies de la part des exposants. Un monde très proche de celui des singles malt pour ce qui est du vieillissement, pour le reste je patauge dans l'ignorance.

Quand les explications se métamorphosaient en chinois, j'adoptais alors un air concentré, les sourcils légèrement froncés, le regard intense et acquiesçais de la tête. Il faut sauver les apparences. Malgré ces lacunes, la révélation fut frappante. Le rhum ça tabasse ! !

Selection:

Le rhum jamaïcain Blackwell épicé sans être sirupeux nommé d’après son créateur Chris Blackwell que les amateurs de roots music connaîtront comme le bonhomme qui a amené Bob à la postérité.

rhum balckwell

Les Mount Gay très droits

P1190932 2

en passant par l'excellente gamme des Mezan et les Botran Solera.

rhum mezan botran solera

Le rhum blanc New Grove fut une belle surprise, le reste de la gamme n'étant pas en reste spécialement le single barrel.

New grove single barrel New grove blanc

Le travail accompli par les distilleries est remarquable. Des longueurs en bouche étonnantes, boisées, fulgurantes et puissantes, des rhums presque secs pour certains. J'admets avoir plus de difficultés avec les rhums très portés sur le sucre. Le malt m'a forgé à la dure et tant de douceur m'indispose.

Il y a enfin la galerie des horreurs: le Pyrat (mou du genou), le Pink Pigeon infusé dans de la vanille, des écorces d'Orange et des orchidées... autant boire du Tahiti douche.

pink pigeon rhum

Et enfin le Don Papa qui m'a rappelé les sirops immondes que ma mère m'envoyait dans le gosier les soirs d'angines juvéniles.

Don papa rhum

Les coups de cœur :

Le stand du Papalin (prononcez Papaline) et du Enmore 1995 full proof (61,2%), un cask strengh fantastique.

rhum albion enmore Papalin

Une première édition à l'affluence surprenante pour découvrir, l'univers du rhum. Peut-on y voir l’effet Diplomatico ? Il nous reste donc un an pour être incollable sur la canne à sucre avant le prochain Rhum Fest.

Les temps étant durs et le prix des bouteilles de whiskys devenant ridicule, il est fort à parier que je m'oriente prochainement vers la découverte de cet excellent breuvage au rapport qualité-prix encore raisonnable. Et pourquoi pas une section rhum dans Whiskyleaks ?

Dédicace: L'embouteilleur rennais indépendant L'esprit était présent.

2 comments

Leave a reply