Du whisky japonais? Pourquoi pas de la tequila norvégienne?

Qui ne s'est pas demandé en découvrant le monde du whisky comment ces diables de nippons pouvaient être encensés de la sorte pour leurs spiritueux?
Comment à l'autre bout de l'hémisphère la magie du malt avait pu opérer quand le seul point commun entre celtes et japonais est d'avoir eu des guerriers en jupes?
Tout commence à l'époque où le peuple nippon serait resté au stade anal sans l'intervention lumineuse des américains qui brisèrent l'isolement séculaire de l'archipel à grand coup de boulets de canon en pleine poire.
Se rendant compte que les yankees jouaient en champions league de l'impérialisme alors que son peuple galérait à comprendre la règle du hors jeu, l'empereur décida d'envoyer  perfidement ses plus brillants et machiavéliques étudiants pour piller le patrimoine intellectuel de ses bienfaiteurs.
Ainsi notre patrie accueillit naïvement des étudiants en droit qui lorgnaient sur notre code civil, les ricains en firent des stratèges militaires (big dédicace à Pearl Harbor), les hollandais formèrent des traders et pour ce qui nous intéresse, les écossais ouvrirent les portes de leurs universités de médecine et de sciences (le top à l'époque).
Le loup était entré dans la bergerie.
Masataka Taketsuru est du voyage quelques décennies plus tard en 1918. Officiellement étudiant en chimie organique, il travaille à côté et dans le plus grand secret dans diverses distilleries de whisky tel une mata hari aux yeux bridés. Il pousse le vice jusqu'à épouser une écossaise pour couvrir ses arrières et attester de sa bonne foi.

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Avec tous les secrets de fabrication sur microfilms, il quitte l’Écosse en kidnappant son innocente compagne. A son retour au Japon en 1920, avec un complice fortuné il fonde la distillerie Yamazaki qui deviendra Suntory, la marque qui doit tout à Bill Murray (cf Lost in translation). Mais pour ce maraud, la trahison n'est pas allée assez loin. Sa production est pourtant la première à être commercialisée sous l'appellation whisky made in japan. Désirant souiller une ultime fois la confiance que ses vénérables maîtres lui avaient accordée, il part fonder sa propre distillerie dans un environnement quasi similaire à la terre sacrée d’Écosse. Ainsi naît à Hokkaido une terre oubliée des hommes, la maison mère du crime, le temple du poignard entre les omoplates: la distillerie Yoichi qui deviendra Nikka, le nom de guerre qui lui permettra de conquérir le monde. Le triste épilogue se joue presque un siècle plus tard lorsque whisky magazine décerne le titre de "best of the best" au Yoichi 10 ans.

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De nos jours, les whiskys japonais sont d'un rapport qualité/prix des plus suspect et tout ceux qui ont goûté un jour un Yoichi 10 ans ou un hakushu 12 ans se rendront compte de l'ampleur du crime. La tourbe est si délicate qu'elle ne peut qu'être reconstituée artificiellement (rappelons nous des études en chimie organique du cerveau de l'opération). Et si vous trouvez une saveur iodée à certains single malt, dîtes vous que ce sont des larmes d écossais qu'on laisse pendre au dessus des cuves après dégustation.

PYV

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