Kavalan Solist Sherry (57.1%, OB 2015 Cask S060821056): Grosse Mandale!

Kavalan Solist Sherry S060821056

Le whisky japonais est au gout du jour, mais avec la rapide disparition des Karuizawa et autres versions âgées de chez Yoichi et Yamazaki c'est au tour d'une autre distillerie orientale d'occuper le devant de la scene. Depuis quelques années, Kavalan, située à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Taipei, truste les récompenses dans les festivals et compétitions organisées par les amateurs les plus pointus. C'est ainsi que la distillerie de Taiwan a remporté, ces deux dernières années, les Malt Maniac Awards compétition rassemblant certains des spécialistes les plus renommés et réalisée à l'aveugle. 

 

Les récentes victoires de Kavalan récompensent les méthodes innovantes de la distillerie, qui met notamment à profit le climat tropical de l'ancienne Formose pour accélérer le vieillissement du whisky, mais sanctionne aussi la quasi-disparition des très vieux whiskies au profit d'expression plus jeunes et sans mention d'age. Comme lorsque les garçons à la puberté précoce jouaient les caïds dans la cour du collège, Kavalan et sa maturation ultra-rapide fait les poches des pauvres NAS pré-pubères élevés sous le rude climat des Iles Britanniques...

 

Le whisky que nous goutons aujourd'hui, un Kavalan Solist Sherry, a été élevé, comme son nom l'indique dans un fut unique de Sherry. Le numéro du fut (S060821056) indique le type de fut (S comme Sherry), ainsi que l'année de mise en fut (06 pour 2006), un marquage simple mais précieux pour ceux qui souhaitent suivre l'évolution des whiskies de cette jeune distillerie. Il a été embouteillé en Avril 2015, ce qui en fait, à huit ans passés, l'un des plus vieux Kavalan embouteillés à ce jour, et mis sur le marché par La Maison du Whisky. Voyons ce que donne ce caïd de cour d'école. 

 

Oeil: Ebene.

 

Nez: Massif et intense! Très porté sur le bois, tiroir de vieux meuble laqué, caramel, cerises au marasquin, prunes et pruneaux. Un coté violent et quasiment indomptable... Coulis de fraise ultra-concentré, cake aux fruits, et fruits confits. Rappelle beaucoup les Rhums ambrés de type Caroni, vanille, sucre roux et café. Un coté soda-pop aussi avec du cola artisanal qui tend vers la fin sur un coté vert, sève de pin, compost et eucalyptus. Du lourd!

 

Bouche: Consistance sirupeuse: tapisse la bouche d'une couche de vieux bois. On sent que les futs ont beaucoup travaillé. On est plus dans un registre de rhum et d'armagnac que de single-malt. Cola, espresso, cake aux fruits et caramel sont rapidement remplacés par une grosse amertume qui,bien intégrée, est loin d'être déplaisante. Mélasses, grains de café, fruits rouges confits (cerises, fraises, mures). Réglisse noire (zan) sur la fin qui vient parachever le tout. Avec de l'eau s'ouvre un petit peu et développe des arômes de creme pâtissière.

 

Finale: Longue. Sur l'amertume et la minéralité. Des notes mentholées apparaissent sur la fin. 

 

Une puissance démentielle que l'on ne retrouve nulle-part ailleurs si ce n'est peut être dans les rhums Caroni. Une experience à part, mais il faut avoir l'estomac bien accroché. Un coté exubérant et légèrement vulgaire d'adolescent mal dégrossi... Est au whisky ce que le base jump est au parapente...

 

Note: A+

 

Prix: 150 euros (Bourgeoisie Equatoriale)

 

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