Lagavulin 12 ans (OB, 2016, 57,7%) Deux cents ans de solitude !

Icône absolue, la distillerie d'Islay qui fête ses deux cents ans est devenue une sorte de Macondo du whisky. La légende et l’histoire se fondent en une réalité diffuse, nimbée de mystère, qui n’est pas sans rappeler le réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez. Comme l'héroïne de Cent ans de solitude qui mange de la terre pour se rappeler d'où elle vient, on devrait toujours avoir à portée de main quelques gouttes de Lagavulin 12 ans pour se souvenir de ce qu'est le whisky. 

Spéciale dédicace donc à la famille Buendia où chaque nouvelle génération apporte sa pierre à l’héritage, sans rompre avec la tradition.

Bref... La livraison annuelle du Lagavulin 12 ans est un rituel qui offre l'occasion de vérifier la permanence d'un whisky intemporel mais aussi de se demander si on ne boit pas chaque année le même truc. 

Oeil : Or clair

Nez : Écorces et agrumes, phénol, chocolat noir, gomme, huile, orangettes. Quelques épluchure de crayon à papier, mine. Très minéral et sec. Tradition.

Bouche : Attaque de la tourbe, chocolat et agrumes, on n’est pas loin des fruits tropicaux. Excellente intégration de la gnôle. On ne sent pas l’alcool. Plus iodé que le nez. Du poivre. On se dit que ça manque même peut-être un peu de puissance. 

Finale : Longue et douce. Crème, cigare, cendres et chocolat. Agrumes, pomelos. Poivre doux.

Note : A (Garcia Marquez)

Prix : Autour de 100 euros (Latifundiaire) 

Peut-être un petit manque d'agressivité en bouche et un tempérament un peu en retrait mais on se dit aussi que si on ne devait avoir qu'une bouteille de matos tourbé à prix raisonnable, ce serait celle-là. 

Impossible d'être blasé mais pas facile non plus de s'enthousiasmer à mort pour un whisky que l'on commence à connaître. Mais il faut se satisfaire de ne pas être déçu car comme se lamente Ursula : « le monde va finissant peu à peu, et ces choses là n’arrivent plus ».  

 

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