Benromach enchaîne les nouveautés

Avec Benromach le whisky a quelque chose de réconfortant. Sa formule originale basée sur une orge très légèrement tourbée fait revivre les speysiders à l’ancienne, ceux qu’on n’a pas connus mais qui se caractérisaient par l’usage modéré de la bouillasse sédimentée. Avec Benromach on n’est jamais déçu, le 10 ans est une merveille (on vous en parlait ici), la quintessence du whisky du quotidien, facile et complexe à la fois on ne s’en lasse pas. Quand la distillerie de Forres sort une nouveauté on scrute donc ça de près et on espère trouver plaisir et réconfort.

Cet automne on est pas mal gâté avec 3 nouvelles références, un Triple Distilled unique en son genre, un Château Cissac finish dans la série Contrasts et un 35 ans en futs de Sherry du genre prometteur.

Benromach Triple Distilled (50%)

Mais quelle mouche a piqué keith Cruikshank, le manager de la distillerie, pour en venir à produire un whisky distillé 3 fois ? La triple distillation c’est un truc normalement réservé au irlandais, il y a bien quelques écossais qui s’y risquent (Auchentoshan, Hazelburn) mais étonnamment ce ne sont pas nos whiskies préférés. Au final on se retrouve avec une distillerie du Speyside qui produit un malt légèrement tourbé (c’est plutôt rare dans le coin) et qui se met à la triple distillation (c’est carrément inédit), mais où va-t-on ? On va faire à confiance à Keith qui vit à Keith (true story), le bonhomme connait son whisky et c’est pas le genre à faire n’importe quoi avec ses alambics.

 

 

Distillé en 2009 avec cette orge légèrement tourbée qui caractérise la boutique, ce Benromach est donc passé trois fois par l’alambic. Le jus a eu un tour de manège gratuit, il avait dû pécho la queue du Mickey à la fête foraine de Forres.

Au nez c’est le bouquet de fleurs sur la table de mémé, jasmin et chèvrefeuille se tirent la bourre pour finir sur quelque chose de très herbacé genre herbe coupée. Si la tourbe n’est pas loin elle se fait pourtant délicate et laisse la place à la vanille, au zeste de citron. Dans l’ensemble c’est plutôt délicat et on retrouve l’ADN de la distillerie mais dans une version plus soft et moins intense. En bouche, ce whisky envoie les tablettes de chocolat noir accompagné de vanille. Encore une fois c’est moins complexe que le 10 ans. Très vite la cire et le tabac prennent le relais avant de laisser parler les poires bien mûres. La finale est assez sèche, plutôt longue elle est marquée par le poivre blanc.

Au final et malgré son processus de distillation inédit ce whisky ne renie pas sa famille. Il aurait pu être le dernier né bien élevé qui est poli avec les vieilles dames mais ses 50% lui donnnent un certain caractère. Pourtant on lui préfère son grand frère de 10 ans qui reste l’étalon or de la distillerie.

Note : BBB+      Prix : 48€ (dispo ici)

Benromach 2009 Château Cissac (45%)

On va pas se raconter des salades, les fûts de vin ne sont généralement pas notre genre de came et c’est vrai que les précédents opus passé par des fûts de pinard ne nous avaient pas fait bondir au plafond. On laisse pourtant sa chance à ce Château Cissac finish également distillé en 2009.

 

 

Après avoir gentiment vieilli en futs de bourbon de premier remplissage, ce jus a ensuite été transféré dans des futs de Haut Médoc pour y passer 25 mois. Plus qu’un finish on peut donc ici parler de double maturation.

Son nez est plutôt gourmand et s’ouvre sur des notes de pâte de fruit, on sent tout de suite l’influence du vin et des tanins légers se faufilent hors du verre. Comme d’habitude chez Benromach la tourbe est en embuscade et se manifeste par des notes cendrées. On lui trouve aussi des notes de chocolat noir et de bois brulé. C’est assez plaisant. En bouche sa texture est crémeuse et ses notes très pâtissières, le chocolat au lait est agrémenté de noix pour ensuite laisser la place au cacao amer. Les tanins et la tourbe nous attendent au tournant et apportent pas mal de richesse à l’ensemble. Dommage que l’intensité ne soit pas vraiment au rendez-vous. La finale est marquée par le bois brûlé et laisse apparaître une pointe d’amertume.

Dans l’ensemble c’est un whisky de bonne facture qui ravira les amateurs de ce type de double maturation mais qui ne nous a pas totalement convaincu malgré un nez bien foutu. Décidément les futs de vin c’est pas pour nous mais on doit admettre que dans son genre c’est plutôt réussi.

Note : BBB-       Prix : 69 € (dispo ici)

Benromach 35 ans (43%)

Avec ce whisky on plonge dans l’histoire de la distillerie. Achetée en 1993 par l’embouteilleur Gordon & MacPhail, Benromach appartenait jusqu’en 1983, date de sa fermeture, à DCL (l’ancêtre de Diageo). On ne sera donc pas étonné de ne pas trouver trouver la légère tourbe qui fait la particularité de la distillerie aujourd’hui. Intégralement vieilli en fûts de Sherry de premier remplissage, ce Benromach est d’une classe folle.

 

 

Son nez est d’une richesse ahurissante, on pourrait passer des heures à sniffer ce jus qui ne cesse de surprendre. L’influence du sherry est nette, elle se manifeste par un côté vieux meuble ciré assez envoûtante. Très vite les fruits exotiques débarquent, ils sont accompagnés d’une marmelade à l’orange bien gourmande. Niveau complexité on est pas mal servi, de très légères notes de souffre rehaussent un côté herbacé des plus plaisants. On fini sur du miel et on se dit que Benromach ne s’est pas foutu de nous avec ce whisky au nez génial. En bouche on retrouve du miel à gogo, du chocolat noir et de la banane bien mûre. Sa texture sirupeuse fait mouche mais si on devait faire les fines bouches on dirait qu’il lui manque un poil de kick. Ça reste du très gros matos, en  y revenant on lui trouve des notes de cire, cuir, raisins secs et menthol, c’est le combo gagnant. La finale est magnifique, assez longue elle évolue sur des notes d’une amertume subtile et bien maitrisée, on finit sur de l’anis et un joli boisé qui n’en fait pas trop.

Dans l’ensemble ce whisky est magnifique, son nez est complètement dingue et sa finale est grandiose. On est sur du très très sérieux, avec un poil d’intensité en bouche supplémentaire on entrait au hall of fame.

Note : AAA-          Prix : autour d’un demi smic…

 

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