Les Italiens m'épattent.

Car le soleil semble décidé à darder sur nos quotidiens laborieux ses rayons printaniers, il est plus qu'urgent de maîtriser la recette du Spritz, déjà évoquée certes, mais nimbée encore d'un certain mystère. Ce manque de précision méritait un addenda.  Que voici.

Je crois en effet avoir à peu près ressenti un vague sentiment de certitude lorsque que composant récemment une nouvelle variation de cette boisson, j'ai eu les mêmes frissons que  jadis Joseph Brodsky lui-même, baguenaudant sur les zattere de la Pointe des Douanes face à l'île de San Giorgio Maggiore (fig 1). Bref...

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San Giorgio Maggiore est une basilique abbatiale vénitienne située sur la petite île du même nom dans le bassin de Saint-Marc, face à la Piazetta.

Le choix du vin est primordial or,  le prosecco étant sujet à une consommation croissante, nombre de bouteilles douteuses ornent désormais les rayons des supérettes de notre pays.  Les mauvaises expériences sont donc monnaie courante et on croît souvent - à tort-  que c'est assez dégueulasse - mention spéciale au mousseux estampillé Martini qui est au prosecco ce que Ricard serait au Champagne. Il faut donc tordre le cou à cette légende noire car en fait, comme dirait Jean-François Coppé "il y en a des bien".

Prosecco

Tape tout là Nicolas...

Et notamment le VIGNAROSA PROSECCO TREVISO EXTRA DRY "40" qui s'avère être fameux, même à sec (fig 2).

Autre précision, je crois pouvoir dire avec certitude que c'est meilleur à l'Aperol, qui est plus doux que le Campari et moins chargé en alcool  -  on peut ainsi en boire plus sans risquer un accident fatal au volant de son Riva en acajou (fig 3).

riva

Type de conduite sportive impossible après trop de Spritz au Campari.

Reste l'olive et mon choix se porte sans hésitation sur les Luques dont la forme ovoïde et la chair fine s’accordent parfaitement à ce moment de volupté.

Enfin, si certains balancent encore entre l'orange et le citron pour l'ornementation finale de la tranche d'agrume, il ne fait aucun doute que c'est l'orange qui est la plus indiquée - elle doit être coupée en sorte que l'on puisse voir à travers.

Donc résumons, dans un verre type trumbler :

-Déposer trois sérieux glaçons ainsi qu'une une olive plantée d'un long bâtonnet afin d'en rendre l'ingestion finale aisée et digne - il est malvenu de tremper ses doigts dans son verre pour récupérer le condiment macéré.

-Ajouter 5 cl. d'Aperol puis remuer.

-Viennent ensuite les 10 cl. de Prosecco

-Enfin, quelques cl d'eau gazeuse, à discrétion selon que vous l'aimiez râpeux ou doux.

-Déposer en surface une fine tranche d'orange - issue de l'agriculture biologique si possible afin d'éviter que des aphtes ne se forment à lisière du palais du consommateur en conséquence des pesticides ingérés à son insu.

Salute.

D.N.

3 comments

  1. plom 18 mars, 2015 at 11:31 Répondre

    Une précision encore : quelle eau gazeuse faut-il incorporer ? Une eau bien pétillante avec une pointe salée ? Que s’appelorio Quézac ?

    • whiskyleaks 18 mars, 2015 at 12:02 Répondre

      On a pour habitude de mettre du perrier mais ca doit marcher avec autre chose. Il suffit d avoir des grosses bulles.

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