Diamond and Versailles 1996 (57.9%, Velier 2013): Que Maravilha!

 

Le Diamond and Versailles 1996 est en quelque sorte le chainon manquant sur l'arbre phylogénétique Vélier/Demerara, l'embouteillage que Luca Gargano garde pour lui et sort pour les masterclasses et autres occasions où il convient d'envoyer du lourd. Comme l'explique Cyril sur le site durhum.com, ce blend provenant de deux alambics de Demerara: la colonne Diamond et surtout le mythique alambic à repasse Versailles (représente le Roi Soleil, #mymanmazarin) a été assemblé lors de l'enfutage; les deux rhums ont passé 16 ans dans les mêmes fûts (2 pour être exact) ce qui leur a laissé le temps de faire connaissance...

 

Outre son goût tout à fait plaisant, une partie importante de l'attrait de ce rhum tient au fait qu'il n'a jamais été commercialisé, même si l'on a pu voir quelques bouteilles passer ici et là. Dans une interview récente Luca Gargano affirmait avoir l'intention de le mettre sur le marché bientôt, sans donner plus de précisions... On a croisé le Diamond and Versailles au bar de La Maison du Whisky à Singapour, bien installé dans les sièges baquets, avec l'excellent Khairul derrière le comptoir, et un UF30E et trois ou quatre Caroni comme sparring partners, on s'est un peu laissé aller...

 

Oeil: Cola

 

Nez: Envoie le steak! Demarr(ara) à fond sur le lait de coco (le nez dans la poudre), le caramel brulé, le chocolat noir, le vieux bois fiotté. Fruits tropicaux verts et ultra murs (le côté schyzo double face) et cola artisanal. Sucre brun demerara qui n'attend plus qu'à être versé dans un espresso. La canne est là, comme tapie dans l'ombre. Une impression de chêne vierge comme un gros bourbon full proof (#GTS). Essence de térébenthine et gentiane, réglisse. Des notes de pin des landes qui semblent sortir de nulle part. Capbreton nous voila. Finit sur des notes de café qui semblent annoncer la bouche. Fraicheur exceptionnelle pour un matos aussi puissant.

 

Bouche: Commence presque comme un agricole, mélange de canne concentrée et de bois. Amertume et caramel brûlé donnent le tempo. Miel, cannelle, cola et des épices genre poivre et clou de girofle. Sucre roux encore, retour de la canne a sucre qui semble donner au jus une seconde jeunesse. Endort bien la bouche. Réglisse noire. Un café bien serré et l'addition. Légende!

 

Finale: Longue comme un aller-retour en Guyana. Donne dans la confiture, gelée coings, marmelade d'oranges et la pointe amère d'un espresso.

 

On plane, une merveille que ce blend Diamond and Versailles, avec dans la tête le chef d'oeuvre de Jorge Ben "Que Maravilha" qui commence à tourner en boucle. C'est à ce moment là que le Singapourien assis à notre droite offre un verre du E.H Taylor Barrel proof qu'il vient d'acheter, s'ensuit une belle montée, retour par le bord des quais, passage par le marché de nuit pour se refaire la cerise, avec toujours la merveille en tête et le sourire aux lèvres... Chapeau Gargano! 

 

Note: AAA (Jorge Ben)

Prix: ???

 

On laisse le dernier mot au maître:

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